Suite de l'article de notre amie Hind...

D'une manière générale, le jeûne semble bien supporté par les personnes saines.
Qu'en est-il des personnes malades ?
Les conséquences sur la santé des malades et la morbidité propre du ramadan ont été l'objet de différentes études. On a décrit plusieurs situations :
La fréquentation des urgences pour accident augmenterait pendant le ramadan dans certaines études. Ainsi les admissions dans un hôpital du Qatar ont montré une augmentation des admissions pour ulcère duodénal et asthme bronchique et une diminution des hospitalisations pour angor et hypertension artérielle. Cette étude a été confirmée par d'autres réalisées dans d'autres pays musulmans.
La pathologie asthmatique est aggravée, conséquence probable d'une mauvaise observance médicamenteuse, et ce, malgré la non consommation de tabac pendant la journée.
Les pathologies psychiatriques sont exacerbées, a priori pour des raisons d'observance médicamenteuse. Sur la grossesse et l'allaitement, les conséquences du ramadan sont moins bien connues. Pour certains, le jeûne aurait des conséquences néfastes tant sur le score d'Apgar qui diminue que sur la déshydratation qu'il accentue pendant l'allaitement.
Enfin, on note une stabilité des hospitalisations consécutives à la décompensation d'un diabète. Le diabète non insulino-dépendant est l'une des affections les mieux étudiées pendant le ramadan. Malgré la grande diversité des adaptations posologiques spontanément adoptées par les patients, et une proportion importante de patients déséquilibrés, il n'y a pourtant pas d'augmentation sensible des hospitalisations pendant cette période pour cette pathologie. L'inversion des prises semble sûre.
S'il ne semble pas entraîner de conséquences majeures sur la santé des malades, le jeûne nécessite néanmoins une prise en charge spécifique qui passe notamment par l'adaptation des schémas et des posologies de traitement, et des conseils pratiques de prévention pour limiter la morbidité.
Pour tout malade qui désire jeûner, une consultation avant, pendant et après le ramadan, au titre de la prévention s'avère indispensable. Il faut savoir préciser comment s'est déroulé le ramadan antérieur
Dans tous les cas rappeler quelques conseils faciles à mettre : s'hydrater dès la rupture du jeûne, et juste avant sa reprise, au matin ; éviter les excès de sucres rapides et de graisses ; manger au repas qui précède l'aube, notamment des sucres lents ; faire une sieste en début d'après-midi ; prendre les médicaments au moment des repas (sauf contre-indications pharmacocinétiques) ; Certains aménagements thérapeutiques sont possibles : prises d'antidiabétiques oraux inversées ; injections d'insuline retard réduites, concentrées au moment de la rupture du jeûne.
Pour conclure, nous conseillons d'adopter une alimentation équilibrée. S'il est essentiel de bien manger le soir avant de se coucher, cela ne signifie pas "trop manger" car c'est paradoxalement durant le mois de Ramadan que les mauvais comportements alimentaires sont les plus en augmentation au lieu d'être en chute libre.
Bon mois de Ramadan à tous !