PeUt-On IgNoReR sEs EmOtIoNs?
Certaines personnes les ressentent physiquement, sans pouvoir dire ce qu’elles éprouvent ni même les reconnaître. Mais craquent ou explosent quand la situation est intenable. Ce trouble de la reconnaissance et de l’expression des émotions, appelé alexithymie (a-lexi, sans mots ; thumos, humeurs), toucherait 15% de la population, en particulier des hommes. Son origine remonterait à la petite enfance, à l’âge où l’on apprend normalement à faire le lien entre sensations physiques (palpitations, nœud dans la gorge, etc.) et émotions, et à comprendre que les autres peuvent ressentir la même chose, étape indispensable pour devenir un être social. Pour cela, il faut un guide, souvent la mère, qui, par la parole et l’affection, fait découvrir à l’enfant ses émotions et les mots pour les exprimer. Faute de quoi, il n’apprend pas à s’y fier et les censure. Et les alexithymiques sont aussi hermétiques aux émotions des autres. Ils ont du mal à établir des liens et, faute d’empathie, ne sont ni des conjoints ni des amis agréables. L’imagerie médicale montre, qu’en réponse à une émotion négative, une zone de leur cerveau, le gyrus cingulaire antérieur, réagit trop ou pas assez, ce qui perturbe leur appréciation des sensations éprouvées et les fait passer pour des hypocondriaques. Pour eux, une thérapie de groupe, qui apprend à exprimer ses affects de façon théâtrale, est plus efficace que la psychothérapie qui suppose de parler de ses émotions.
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